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Édito, N°3, Automne 2018

Alors que nous mettions la dernière main aux articles du troisième numéro d’Iwan, nous est parvenue la nouvelle du décès de deux figures remarquables du monde culturel et de l’iranologie. En premier Daryush Shayegan puis Gilbert Lazard. Leur départ a suscité la tristesse des passionnés et des interlocuteurs de la culture iranienne. Tous deux ont œuvré durement au cours de leur existence pour laisser après eux un héritage qui, sans nul doute, constituera durant de nombreuses années une source précieuse d’informations pour les chercheurs.
Shayegan, qui dès son jeune âge fut envoyé par sa famille en Europe, imprégna son univers mental au lendemain de la Seconde guerre mondiale, par les courants de pensée et la philosophie de l’Europe de cette époque et de la France en particulier. A un point où l’empreinte de ces courants se manifesta dans différents domaines abordés par sa réflexion, notamment dans les études indiennes, la philosophie islamique et la littérature comparée.
Gilbert Lazard, quant à lui, se hissa aux plus hauts sommets de l’iranologie avec ses recherches dans le domaine linguistique et leur application dans la langue persane et les divers parlers iraniens et surtout avec la publication d’un dictionnaire persan – français de sorte que les traducteurs et les étudiants de la langue persane lui demeurent à jamais redevable d’une telle contribution. Et nous avons eu l’occasion exceptionnelle de faire paraître le dernier entretien qui s’est tenu avec lui.
L’autre thématique que nous avons estimé nécessaire de traiter dans ce numéro concerne l’exposition des arts Qadjar au musée du Louvre-Lens ainsi que la mise en place d’une exposition des œuvres du Louvre dans le musée national d’Iran. Car ces deux expositions peuvent être considérées comme un apport culturel commun deux peuples français et iranien lors de l’année qui vient de s’écouler. Dans l’exposition du Louvre-Lens ont été présentées des œuvres précieuses de l’époque Qadjar provenant de collections et de différents musées d’Europe et d’Iran.
Les autres chapitres de ce numéro comportent, comme pour les numéros précédents, des articles traitant de l’histoire de la traduction et de la littérature, des arts figuratifs et de la documentation alors que dans un autre chapitre nous nous sommes intéressé à l’art du théâtre. Les débats de ce numéro d’Iwan ayant trait à la recherche ont porté sur Amir Moezzi, chercheur en histoire de l’Islam, Madjid Soleymani, chercheur en histoire littéraire et Philippe Minyana, maître en sciences théâtrales et en littérature dramaturgique.